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Editathon ART+FEMINISM, 5 et 6 mars 2016

Durant ces deux jours de marathon, environ 36 articles on été créés, une douzaine d’articles ont été améliorés, et plus de 30 comptes Wikipédia on été ouverts. Retrouvez le bilan de l'Editathon sur la plateforme Wikipédia.

UNE SENSIBILITÉ À PARTS ÉGALES

Dropout

Dans les années soixante-dix, l’artiste américaine Lee Lozano créé une série de Language Pieces, instructions qui l’engagent à s’exclure progressivement des sphères de la société, du monde de l’art, jusqu’à s’interdire de parler aux femmes. Ce geste radical, initié par l’emblématique et élusive Dropout Piece, participe de son inscription comme une figure essentielle de l’art conceptuel. Si l’historienne de l’art Lucy R. Lippard affirme dès 1973 qu’elle fut la figure féminine majeure de l’art conceptuel à New York dans les années soixante (1), son travail reste beaucoup moins connu que celui de ses collègues masculins tels que Vito Acconci, Lawrence Weiner ou Robert Barry. Pourquoi connaît-on moins le travail de Lee Lozano que celui de Robert Barry ou Lawrence Weiner ? Pourquoi y a-t-il si peu d’expositions, d’ouvrages, qui racontent et analysent cette œuvre majeure qui nourrit pourtant l’histoire de l’art conceptuel de perspectives sociales et économiques déterminantes dans ses liens entre langage, arts et vie ? Pourquoi enfin, sur Wikipédia, Lee Lozano est-elle absente de la liste des artistes conceptuels ? L’historienne de l’art Linda Nochlin (2) adressait cette question dès 1971.

L’histoire n’est pas écrite à parts égales (3). Elle est le produit de points de vues conçus dans un monde tendu par des disparités géo-graphiques, sociales, ethniques, temporelles, genrées, et enfin, d’espèces. Depuis une quinzaine d’années, internet développe de nombreux outils pour mettre en réseau et faire vivre cette diversité. Mais construire une histoire polyphonique est un engagement quotidien délicat : multiplier et enrichir les points de vues peut entraîner sans le vouloir, l’exclusion d’autres. 

C’est tout l’enjeu et la difficulté de l’événe-ment Editathon Art+Feminism. S’il s’agit de mettre en avant le travail de celles et ceux qui sont oublié-e-s de l’histoire de l’art, et de celles et ceux qui œuvrent à les partager, il ne s’agit pas ici d’exclure, d’amoindrir ou de dénoncer le travail qui a déjà été fait. Au contraire, ces deux journées d’écriture et de rencontres sont conçues pour croiser les points de vue, les nourrir et les affecter pour que nos présents et nos futurs deviennent une caisse de résonance pour la polyphonie à l’œuvre dans le monde. Elles visent aussi à s’étendre au-delà de cette courte temporalité, en espérant que l’apprentissage des outils d’écriture contribuera à l’élargissement du spectre de personnes qui pourront ensuite par elles-mêmes, partager leurs propres points de vue et prendre part à l’écriture de l’histoire. 

L’Editathon Art+Feminism ne s’adresse donc pas uniquement à des femmes, ou à une communauté restreinte de personnes qui se revendiquent féministes. Il va dans le sens contraire d’un entre-soi : il serait en effet bien vain s’il discriminait la moitié masculine de la planète. Pourtant, c’est souvent l’écueil d’un geste activiste : la force de son engagement apparaît souvent comme excluant aux yeux de ceux qu’ils ne mettent pas en avant, et peut entraîner la division plutôt que l’union. 

C’est pourquoi la plateforme Wikipédia, dont la fonction est encyclopédique et universelle, apparaît comme un outil propice à la mise en place d’un geste activiste concentré non pas sur les identités, qui cristallisent les iné-galités, mais sur la connaissance, constituée des objets qui sont produits par ces mêmes identités.

Décentraliser l’histoire, ouvrir les savoirs

Construire une histoire à parts égales passe, selon l’historien Romain Bertrand, par une décentralisation de la production et du partage des connaissances. Celle-ci peut d’abord commencer par une représentation de sa diversité. Pendant l’Editathon Art+Feminism, on donnera ainsi aux artistes Lee Lozano, Liz Magor, Nil Yalter, au mouvement de l’Afroféminisme, à la revue Girls Like Us, etc., différentes modalités de partage (ouvrages, discussions, édition sur Wikipédia) qui font défaut dans un paysage global des savoirs. Si c’est à cause de disparités identitaires que ces représentations peuvent faire défaut, ce n’est pas pour ces raisons qu’elles doivent être inscrites dans l’histoire de l’art.

Bien sûr, il est difficile de ne pas s’émouvoir du parcours de Nil Yalter (1938), artiste exilée de Turquie, qui s’engagea dans le mouvement de libération des femmes et de ne pas, en premier, souhaiter partager cette histoire passionnée qui inspire et reflète le combat de tant de femmes de cette époque.
C’est pourtant ce qui se passe souvent sur Wikipédia. Cette encyclopédie collaborative, qui recueille plus de 29 millions d’articles, est d’abord l’ouvrage de personnes qui souhaitent transmettre au plus grand nombre (4), de manière simple et claire, leur passion pour quelque chose qu’elles ont découvert.
Lorsque le sujet de l’article est affecté par une identité discriminée, la partie biographique va intuitivement être expliquée en détail sur la plateforme, et, peut-être par manque de temps (l’écriture sur Wikipédia est un acte bénévole), le contenu du travail risque d’être éclipsé. Or c’est bien celui-ci qui est vecteur de l’entrée sur l’encyclopédie.

Nous le savons bien, raconter la vie d’une personne peut être une adresse plus simple et directe que l’analyse du contenu d’une œuvre. Cette dernière est aussi produite dans le cadre d’une expertise professionnelle qui nécessite du temps, un capital. Elles sont cependant intimement liées : vie et œuvre s’affectent, se tissent et se tendent. Faudrait-il donc, pour écrire et partager de manière équilibrée l’œuvre de personnes discriminées, en exclure leurs vies personnelles ? Faudrait-il séparer absolument sujet et objet, vie et œuvre ? L’histoire du féminisme nous enseigne le contraire : le personnel fait partie du politique. 

Les méthodologies des groupes de conscience féministes consistaient, à la fin des années soixante, à fonder l’action collective justement à partir des histoires personnelles de chacun-e, dans un espace où la parole circulait librement. Il s’agirait donc peut-être de créer les conditions adéquates pour ne pas figer les différents aspects de nos vies. De produire les bons espaces, les bons espaces, les bonnes temporalités, pour laisser être chaque identité dans sa dynamique propre, intense (5), tout en préservant leur co-existence. Il faudrait donc apprendre à entrelacer en rythme, et avec délicatesse, sujet et objet, identités et contenu, vie et œuvres pour constituer un horizon de connaissance à parts égales. 

Voisines de Lafayette Anticipation et temple de conservation des documents qui ont scellé l’histoire de la France et de ses citoyen-ne-s, les Archives nationales sont apparues comme un lieu tout à fait opportun pour déployer l’Editathon. Elles ancrent d’une part le projet dans une actualisation du travail d’archivage qui s’opère aujourd’hui sur des plateformes digitales, comme Wikipédia, et résonnent avec le geste citoyen de l’événement. Heureux symbole, c’est dans la chambre d’apparat du Prince que nous éditerons sur les femmes et les minorités. 

Pour cela, c’est aussi vers les artistes, et d’abord vers Aaron Flint Jamison, que nous nous sommes tourné-e-s, en l’invitant à produire l’environnement de travail et de discussion de l’Editathon aux Archives nationales. Si la décentralisation de la connaissance passe par la représentation de la diversité, les artistes ont en effet un rôle fondamental à y jouer, en la mettant en œuvre dans un dispositif sensible. Ensemble, nous nous sommes longuement interrogés sur l’adresse la plus simple et généreuse pour convier tout un chacun à participer à cet Editathon. Comment composer un environnement collectif sans éclipser les diverses singularités ? Comment inviter à une prise de conscience et à un agir sur les disparités identitaires, sans pour autant contraindre ? Quels sont les nervures sensibles de ce projet, et comment les intensifier ? Comment utiliser une métho-dologie artistique sans pour autant objectifier le contenu activiste du projet ?

C’est par la mise en place d’un espace dont les mouvements sont co-constitués que ces questions ont été travaillées : dans la salle d’édition des Archives nationales, les tables qui ont été produites pour l’écriture sur Wikipédia composent un maillage mouvant. Montées sur roulettes, elles circuleront au rythme des contenus et des personnes qui les produisent par des modalités d’assemblage tracées dans le dessin des tables. Ainsi, chaque élément (le sujet traité, les personnes qui l’écrivent, le mobilier) est parti prenante de la vie de ces deux journées, comme une partition de musique jouée sans chef d’orchestre, comme un filet dont la forme s’adapte à ce qu’elle retient. Décentralisée, l’action n’est pas pour autant vidée de son contenu ou incohérente, elle se tisse à partir de ses constituants qui doivent s’écouter les uns les autres, pour avancer ensemble dans le but défini par l’Editathon. Mais ce jeu d’accordage n’aura pas la teinte d’un accord parfait. Au contraire, les tables se coinceront peut-être dans leurs directions hétérogènes. Il faudra s’arrêter, observer et manœuvrer pour trouver le bon angle d’ancrage de deux tables, qui sera peut-être déséquilibrant pour d’autres zones de contacts et d’écritures. 

Une autre nervure sensible du projet a été développée dans la proposition artistique : dans la garderie éphémère, l’artiste a créé une œuvre qui agit comme un jeu pour les enfants. Si, bien que produites par l’artiste, les tables de l’Editathon ne circuleront pas sur le marché, ce qui veille et égaye les enfants gardés par une équipe de professionnels, est définie comme une œuvre d’art. S’adresse ainsi, avec bienveillance et finesse, un des points de tension des combats féministes.

Ce jeu de balancier délicat, rendu sensible dans la proposition artistique, articulera les deux journées d’écriture et de discussion. Si l’Editathon Art+Feminism n’effacera pas les disparités qui tendent nos espaces, nous espérons qu’il contribuera, dans ses matières et sa méthodologie, à comprendre les contraintes de l’écriture et du partage d’une histoire à parts égales, et, à ouvrir, avec les participant-e-s, à ses possibles futurs. 

Par Flora Katz
Curatrice et doctorante en philosophie et sciences de l'art (Paris 1 - Sorbonne)

Notes
(1) Lucy Lippard, « Escape attempts », Six Years: The Dematerialization of the Art Object from 1966 to 1972, éd. Praeger, New York, 1973, et University California Press, Berkeley, Los Angeles, Londres, 1997, p.xiii
(2) Linda Nochlin, « Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de grandes femmes artistes ? », 1971.  voir p. 16 du livret
(3) Romain Bertrand, L’histoire à parts égales, éditions du Seuil, Paris, 2011
(4) Il y a chaque mois plus de 480 millions de visiteurs sur Wikipédia
(5) La lecture de La vie intense, une promesse moderne, par Tristan Garcia, est une belle inspiration pour cette entreprise. A paraître eu printemps 2016


EDITATHON ART+FEMINISM

Une campagne mondiale

Sur Wikipédia, moins de 15% des contributeurs et contributrices s'identifient comme femmes. Cette disparité est le reflet des inégalités qui creusent la plus grande plateforme des savoirs, mais aussi l'espace internet, et l'espace réel en général.

Art+Feminism est une campagne internationale pour améliorer la présence des femmes et des arts sur Wikipédia. Le projet est initié en février 2014 au Eyebeam Art and Technology Center de New York par Siân Evans (Société des bibliothèques d’art nord-américaines), Jacqueline Mabey (commissaire d’exposition, failed projects), Michael Mandiberg (artiste), Laurel Ptak (artiste et commissaire d’exposition), ainsi que Dorothy Howard (Metropolitan New York Library Council) et Richard Knipel de Wikimédia New York. 
En 2014, plus de 30 événements satellites ont été organisés simultanément en Australie, au Canada, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis, et dans des structures d’accueil diverses (musées, bibliothèques, appartement privé, etc.).

Le marathon a rassemblé environ 600 participants-es, permettant la création de plus de 100 nouveaux articles concernant les femmes et les arts. En 2015, de nouveaux pays comme la Belgique, la France et la Nouvelle-Zélande rejoignent le projet. Les organisateurs d’Art+Feminism ont été inclus dans la liste des 100 Leading Global Thinkers du magazine Foreign Policy pour la mise en œuvre du marathon en 2014.
En 2015, du MoMA à New York à l’Université de Georgia à Athènes, en passant par un appartement privé de Brooklyn ou le Stedeljik Museum à Amsterdam, plus de 75 sites ont accueilli environ 1500 personnes, créant près de 400 nouvelles entrées, et en améliorant environ 500. 

A Paris, à l’initiative des curatrices Mikaela Assolent et Flora Katz, Lafayette Anticipation s’est engagé dans le mouvement en ouvrant son Hub à près d’une centaine de contributrices et contributeurs. Cette première édition parisienne, la seule en France, a été réalisée en collaboration avec l’artiste américaine Addie Wagenknecht et une quinzaine de formatrices et formateurs. 

Editathon 2016 à Paris

Organisé pour la deuxième année consécutive à Paris, en synchronie avec plus d’une centaine de lieux dans le monde, l'Editathon Art+Feminism invite chacune et chacun à créer, améliorer ou traduire des articles sur des femmes et des minorités absentes de Wikipédia, alors qu'elles sont fondamentales dans une histoire des arts plurielle et ouverte. L’égalité des genres a besoin de toute-s pour être améliorée : les 85% des contributeurs qui s’identifient comme hommes sur Wikipédia, ainsi que toutes celles et tous ceux qui se sentent concerné-e-s par ce déséquilibre, sont tout autant convié-e-s à se joindre à l’Editathon pour écrire et partager leurs histoires, à part égales, les 5 et 6 mars aux Archives nationales.

Voir une partie des collections des Archives nationales, écrire sur la plateforme Wikipédia dans la chambre d’apparat du Prince, dialoguer et se restaurer dans le salon ovale, et enfin veiller sur les enfants pendant que leurs parents éditent, sont les éléments mis en œuvre pour constituer ces deux journées dans une atmosphère accueillante pour tou-te-s.

Aux côtés de Kvardek du, wikimédien-ne passionné par l’art contemporain et engagé dans un travail d’écriture égalitaire (épicène) sur la plateforme, une équipe bénévole d’une cinquantaine de personne a été constituée à travers des ateliers menés depuis l’automne intitulés « Le Présent de nos savoirs ». Ils et elles guideront les participant-e-s dans l’apprentissage de la plateforme Wikipédia, dans l’écriture des sujets et dans un échange oral qui peut être enregistré puis mis en ligne. Certains sujets ont été proposés à l’avance par les participant-e-s, et d’autres peuvent être spontanément travaillés le jour du marathon. Le travail d’édition pourra se faire en équipe ou seul-e, selon les préférences de chacun. Il s’agira au cours de ces deux journées, de partager des compétences, de croiser des points de vue, de se sensibiliser aux problèmes de langage et d’organisation d’un savoir, et de soutenir une action pérenne dans le partage et l’écriture d’une histoire des arts plus diverse, décentralisée. 

Afin de rendre sensible ce sujet, et d’ouvrir à d’autres espaces de réflexion, l’édition parisienne de l’Editathon Art+Feminism a pour spécificité de travailler aux côtés d’artistes. C’est Aaron Flint Jamison, artiste américain basé à Portland, Oregon, qui a produit l’environnement de travail et de discussion et fait ainsi circuler les contenus et la parole de manière fluide. Il a aussi travaillé certains nœuds du projet, ainsi intensifiées par des propositions artistiques. De son côté, l’artiste Hélène Bertin, basée à Paris, a conçu un dispositif visuel pour reconnaître l’équipe accompagnante : des broches en laiton aux doigts agiles ornent les mailles de leurs vêtements. L’équipe même est aux deux tiers constituée par des praticien-ne-s du champ de l’art (artistes, commissaires d’expositions, étudiant-e-s en arts, chercheuses). Ces nouveaux initiés de la plateforme Wikipédia travaillent aux côtés de wikipédiens-nes confirmé-e-s.

L’engagement dans l’écriture et le partage d’une histoire des arts plurielle et ouverte se prolonge dans le temps et dans l’espace. Dans l’espace, puisque 125 lieux organisent cette année l’Editathon Art+Feminism, de Winnipeg à la bibliothèque diocésienne de Tunis. Ils seront connectés sur internet dans l’édition sur Wikipédia, dans des conversations retransmises en direct, ou dans des canaux de dialogue, notamment Slack, mis en œuvre depuis le Frac Lorraine à Metz.
Dans le temps, puisque les participant-e-s de l’Editathon auront les outils nécessaires à l’utilisation de la plateforme Wikipédia, qu’ils pourront poursuivre le dialogue par un groupe Facebook, artandfeminism.paris, et se rendre aux ateliers « Le Présent de nos savoirs », qui continuent sur l’année. 


PARTAGER, DISCUTER

« Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de grandes femmes artistes ? » demandait en 1971 l’historienne de l’art Linda Nochlin. Les causes exposées dans ce texte emblématique n’étaient pas essentialistes mais bien sociologiques. C’est notamment un accès à l’éducation (aux écoles d’art et universités) qui empêchaient les femmes de produire un travail artistique et d’écrire l’histoire. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Pendant l’Editathon Art+Feminism, un espace de dialogue convivial a été conçu pour exposer ces questions, tout en ouvrant sur l’espace internet et aux pratiques qui manquent de visibilité, au-delà d’une discrimination de genre.
Dans le salon ovale des Archives nationales, aux côtés d’un espace de restauration, une série de discussions animées a été préparée, et chacun peut en initier une et l’enregistrer grâce à un capteur sonore mobile conçu par l’artiste Aaron Flint Jamison. Les discussions seront ensuite diffusées sur la plateforme archive.org.

Sur internet, un canal de discussion est mis en place sur la plateforme Slack, où une équipe Art+Feminism a été créée. Les participant-e-s de l’Editathon peuvent ainsi échanger sur l’édition sur Wikipédia, et sur d’autres thématiques. Pour le rejoindre, adressez une demande à l’équipe.

Le groupe Facebook Art+Feminism / Paris, initié avant l’Editathon, pourra poursuivre les discussions dans le futur. 


🕑 Samedi 5 mars à 16h00

Herstory - Ecrire leurs histoires

Si Wikipédia est un outil efficace de diffusion des savoirs, cette plateforme collaborative ne les génère pas. La production et la recherche de sources (articles de presse, expositions, présence dans une collection) sont les conditions essentielles pour offrir une compréhension et une visibilité du travail de femmes et de minorités sous représentées. Comment les artistes et les professionnels de l’art écrivent-ils les histoires de celles que nous ne connaissons pas encore ? Comment soutiennent-ils la production de contenus peu connus ou invisibilisés ? Quels sont les nœuds qui mettent un frein à la diffusion d’un savoir sur Wikipédia et sur internet, et comment y remédier ? 

Avec : Isabelle Alfonsi (co-fondatrice de la galerie Marcelle Alix), Dominique Cardon (philosophe et sociologue), Claire Fontaine (artiste), Kvardek du (wikipédien-ne).
Animée par Flora Katz

🕑 Dimanche 6 mars à 14h00

Parcours de combattantes, de l’éducation à la vie professionnelle

Largement majoritaires dans les amphis, les femmes spécialisées en sciences de l’art peinent à gravir les échelons de la hiérarchie. Historiennes et critiques d’art n’ont pas les mêmes opportunités que leurs homologues hommes : les chiffres en témoignent. Nous envisagerons l’ampleur de ce phénomène en nous appuyant sur des témoignages et des statistiques. À partir de quel moment les femmes sont-elles freinées dans leur parcours, et pourquoi ? Comment peut-on imaginer briser ce plafond de verre ? 
Animée par Christina Vatsella et Alexia Vahlas

🕑 Dimanche 6 mars à 16h00

De leurs histoires à nos futurs

Créer un espace accueillant pour générer un dialogue constructif et ouvert à toutes les singularités (a safe and free space), telle était l’ambition des groupes de conscience féministes des années soixante et soixante-dix, lors des mouvements d’émancipation. Aujourd’hui, internet niche une multitude d’interfaces où les idées se co-construisent, au fil des discussions. Pour autant, sont-elles des lieux de diversité et comment produisent-elles des modalités d’échanges pour les femmes et les minorités ? Comment les artistes, les journalistes et les institutions s’emparent-ils de ces nouveaux espaces pour produire leurs travaux, et les partager ? Enfin, comment espaces virtuels et réels s’entrelacent-ils à travers les arts, pour être vecteur d’émancipation et d’ouverture dans la société civile ? 

Avec : Sylvia Fredricksson(chargée de cours et designer web), Béatrice Josse (directrice du Frac Lorraine), Paul Maheke (artiste), et Camille Morineau (co-fondatrice et directrice scientifique d'Archives of Women Artists, Research and Exhibitions). 
Animée par Flora Katz 


ACCUEIL DES ENFANTS

Pour donner à toutes et tous l’opportunité de participer au marathon, une garderie a été mise en place avec des ateliers de production pédagogiques à partir de 7 ans. Ceux-ci ont été travaillés en lien avec l’Editathon Art+Feminism et avec l’équipe éducative des Archives nationales. 

E2S Développement

La Garderie éphémère Soli’mômes offre, pendant toute la durée de l’évènement, une pédagogie et un environnement conçus pour un accueil de qualité : ateliers d’éveil et créatifs, coin repos et de lecture, espace de puériculture et sanitaires. 
Acteur de l’économie sociale et solidaire, E2S Développement s’inscrit dans une recherche d’innovation sociale. L’équipe est composée de professionnel-le-s qualifié-e-s de la Petite Enfance, de l’accompagnement et de l’ingénierie sociale pour bénéficier d’une expertise croisée. 

Une SCOP, dans le secteur de la Petite Enfance, constitue une expérience nouvelle et est pleinement liée à des valeurs coopératives fondamentales : la prééminence de la personne humaine, la démocratie, la solidarité et le partage. 
Tous les salariés ont vocation à devenir associés. Cette double qualité permet à chaque salarié de participer aux grandes décisions et à l’élection du gérant selon le principe une personne = une voix. Cette implication participe à la reconnaissance du salarié en tant qu’être et à son épanouisse-ment au travail.

Garderie éphémère, pour les enfants de 6 mois à 6 ans
Samedi 5 mars de 13h00 à 19h00
Dimanche 6 mars de 13h00 à 18h00

Ateliers de production pédagogique, pour les enfants à partir de 7 ans
Samedi 5 et dimanche 6 mars à 14h00 et 16h00
Atelier d’écriture, sous forme de bande dessinée, sur la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne écrite par Olympe de Gouges en 1791. 


 

 

 

Resources

L'ensemble des conversations qui se sont tenues à l'occasion du Editathon Art+Feminism 2016 sont accessibles sur Archive.org.

PROGRAMME

Samedi 5 & dimanche 6 mars 2016
🕐 11h00 - 21h00
📍Archives nationales
60 rue des Francs Bourgeois
75003 Paris

Discussions
Samedi 5 mars 2016
"Herstory - Ecrire leurs histoires"

Avec : Isabelle Alfonsi (co-fondatrice de la galerie Marcelle Alix), Dominique Cardon (philosophe et sociologue), Claire Fontaine (artiste), Kvardek du (wikipédien-ne).
Animée par Flora Katz

Dimanche 6 mars 2016
"Parcours de combattantes, de l’éducation à la vie professionnelle"
Animée par Christina Vatsella et Alexia Vahlas

"De leurs histoires à nos futurs"
Avec : Sylvia Fredricksson (chargée de cours et designer web), Béatrice Josse (directrice du Frac Lorraine), Paul Maheke (artiste), et Camille Morineau (co-fondatrice et directrice scientifique d'Archives of Women Artists, Research and Exhibitions). 
Animée par Flora Katz


Produit par Lafayette Anticipation Fondation d'entreprise Galeries Lafayette dans le cadre de la campagne mondiale Art+Feminism.
En partenariat avec Wikimédia France et les Archives nationales.
Orchestration : Kvardek du et Flora Katz, avec les productions de Hélène Bertin et Aaron Flint Jamison.


Équipe d'accueil

Constituée par l'atelier « Le Présent de nos savoirs », les wikimédien-nes, les étudiant-e-s du Master 1 Métiers des Arts et de la Culture de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, les archivistes des Archives nationales :
Als33120, Annie, Ash Crow, Laetitia Badaut Haussmann, Pauline Berni, Marguerite Blanchot, Sébastien Borderie, Chahinez Bourouaih, Alsy Bustamante, Sarah Chabrier, Chaoborus, Jagna Ciuchta, Maxime Coulbeaux, Marie Delas, Diaz Clément, DeuxPlusQuatre, Mimosa Echard, Mélanie Favel, Romain Guillet, Harmonia, Sarah Holveck, Emmanuelle De Hericourt, Lévana Gautier, Briac Geffrault, Danai Giannoglou, Thibaut Girard, Fabienne Guinot, Camille Morineau, Pauline Hervault, Judith Juillerat, Tarik Kiswanson, Oleksandra Khrypko, Oceane Le Corre, Anna Lee, Mélaine Loison, LurKin, Stéphanie Mahé, Léa Malgouyres, Juliette Marie, Adélaïde Martin, Ivanoé Masset, Margot Miossec, Agathe Moley, Guilhem Morand, Anne-Marie Morice, Laura Moulinoux, Lauriane Napodano, Nattes à Chat, Stephanie Noël, Léna Ollivier, Paul-Antoine Parot, Elodie Petit, Léa Perier, Elise Pierre, Eva Poncet, Pyb, Barbara Quintin, Angélique Rault, Rault Yeelen Raynaud, Camille Richert, Clémentine Rougier, Clothilde Roullier, Justine Rousseau, Clothilde Rouiller, Sylvain Ruault, Martina Sabbadini, Shonagon, Jeanne Turpault, ThbtGrrd, Eden Tinto Collins, Alexia Vahlas, Christina Vatsella, Alexia Vittori, X-Javier.

Équipe d'accueil pour les enfants
SCOP E2S Développement, Équipe éducative des Archives nationales.
Restauration Bumplab
Art+Feminism Siân Evans, Jacqueline Mabey, Michael Mandiberg.


Remerciements
Mikaela Assolent, HOME, Katinka Bock, Florence Bonnefous, Clara Gensburger, Emmanuelle Huynh, Sorana Munteanu, Anne-Laure Prévost, Jean-Philippe Kmiec et Mathieu Denel de Wikimedia France, Anne Rousseau des Archives nationales, Tristan Garcia, Sébastien Rémy, Barbara Sirieix, Marie Voignier, Galerie Air de Paris, Galerie Miguel Abreu, Galerie Marcelle Alix, Galerie Jérome Poggi, Section 7 Books, Galerie Jocelyn Wolff, Centre Culturel Suisse.