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VENIR VOIR VENIR

Du 3 au 6 juillet 2014, Lafayette Anticipation, Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, a présenté dans son bâtiment avant transformation, le projet architectural conçu par l’agence OMA, dirigée par Rem Koolhaas, ainsi que les projets réalisés au cours des derniers mois dans le cadre du programme de préfiguration.  

Après avoir été occupé près de neuf mois par les équipes de Lafayette Anticipation et plus d’une vingtaine d’artistes, le bâtiment du 9 rue du Plâtre, ancré dans le tissu urbain du Marais, s'est révélé comme étant un espace de liberté totale pour la création. Conçus dans l’expérience collective et le dialogue critique, les expositions, évènements et performances réalisés entre octobre 2013 et juin 2014 ont éprouvé le lieu, dès avant sa réhabilitation, dans sa souplesse de fonctionnement et son inclination à garder une fenêtre ouverte sur l’imprévu.

Du 3 au 6 juillet 2014, Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette a invité le public à partager l’art en mouvement, à venir voir le bâtiment du 9 rue du Plâtre et voir venir son projet architectural et artistique. Venir Voir Venir, où existent simultanément le passé, le présent et le futur de Lafayette Anticipation, a présenté un nouveau lieu de production innovant, engagé auprès de tous les créateurs et ouvert au plus large public.


MERIS ANGIOLETTI

Meris Angioletti est née à Bergame (Italie) en 1977. Elle vit actuellement à Paris. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues au Studio (Stockolm) à la galerie Schleicher und Lange (Berlin) et à La Galerie, Centre d'art contemporain (Noisy-le-Sec).

À la croisée de l’histoire des arts, des sciences humaines et des croyances ésotériques, le travail de Meris Angioletti interroge les mécanismes du langage, de la perception, de la mémoire et de la psyché. Son œuvre protéiforme se présente sous forme d’installations, de projections vidéo, de diaporamas ou encore de photographies. 

Projet de résidence

Meris Angioletti a été résidente à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, entre avril et juin 2014. Détournant les mystères médiévaux, elle y a réalisé le projet Ut, une succession de six tableaux vivants à travers lesquels spectateurs et espace sont situés sur le même plan. Genres et disciplines multiples sont convoqués : poésie, tragédie grecque mais encore ésotérisme ou tarologie constituent cette « pièce ambulatoire » caractérisée par l’absence de narration et de psychologie.  À ces derniers aspects se substituent des valeurs symboliques que viennent souligner des « générateurs de symboles ». En outre, une multiplicité de langages accompagne l’œuvre, et l’on retrouve les fragments d’un idiome imaginaire que l'artiste avait déjà utilisé pour les pièces Coro (2011) et Les Captives (2013).

Réalisations

UT – A mind map, Installation, 2014
La pièce UT – a mind map est un diagramme qui transcrit et résume les recherches effectuées pour la mise en scène de la pièce de théâtre UT, dont la première est prévue en juin 2015. La réflexion autour de l’espace théâtral comme passage entre visible et invisible a donné lieu à une deuxième pièce : Eaux claires et montagnes violettes.

Eaux claires et montagnes violettes, Conférence musicale et lumineuse, 2014
Eaux claires et montagnes violettes est une conférence musicale et lumineuse qui traite d’expériences spatiales élargies, de l’iconostase aux dessins mescaliniens d’Henri Michaux en passant par les atlas chantés des aborigènes d’Australie.

Meris Angioletti est représentée par la galerie Schleicher/Lange, Berlin.

XAVIER ANTIN

Né en 1981, Xavier Antin vit et travaille à Paris. Ses dernières expositions personnelles incluent des présentations à la galerie Crèvecœur (Paris), à la Maison des Arts Plastiques et Graphiques Bernard Anthonioz (Nogent-sur-Marne), à l'Institut supérieur des Arts de Toulouse et à la BF15 (Lyon).

Projet de résidence

Xavier Antin a résidé à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette en janvier et février 2014. Dans la continuité de ses précédents projets, il y a produit le film A film set qui conjugue dans un long traveling les connaissances d’un créateur de paysages ferroviaires miniatures, d’un pilote de drones militaires et d’un trader à la bourse de Londres. Le tournage du film s’est déroulé dans le studio de l’artiste à Lafayette Anticipation. A partir d’un circuit de chemin de fer miniature, Xavier Antin a introduit un téléphone portable pour capter des vidéos du décor. 

Réalisations

A Film Set (1/3), Vidéo, 2014
A Film Set est une série de trois films abstraits, sous-titrés par les conversations menées avec trois personnes dont le métier engage une relation spécifique à l’image et à la représentation : une trader à la City de Londres, le directeur d’un parc de modélisme ferroviaire dans le sud de la France et un pilote de drones aux Etats-Unis. 

Ce projet a également bénéficié de l’aide du Cnap, soutien pour une recherche artistique.
Xavier Antin est représenté par la galerie Crèvecœur, Paris.

WILL BENEDICT

Will Benedict est né en 1978 à Los Angeles. Il vit et travaille à Vienne, où il a crée avec Lucie Stahl Pro Choice, un espace alternatif dans un ancien tunnel de voie ferrée. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues à la galerie Dépendance (Bruxelles) et à la Halle für Kunst (Lunebourg). Il a présenté d'avril à juin 2014 une partie du travail réalisé au cours de sa résidence à la Fondation à la galerie Balice Hertling (Paris).

Sa résidence à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, entre dans le cadre de sa venue à la Cité des Arts de Paris. L’artiste travaille l’hybridation des techniques, où photographie, peinture, et dessin se conjuguent. 

Projet de résidence

Will Benedict a été résident à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, entre février et juin 2014. Il a réalisé une recherche sculpturale à partir des formes vernaculaires du mobilier de bureau. Il a invité l’artiste Sergei Tcherepnin pour une recherche et production communes autour de meubles de boucher dont ils tentent de capter les vibrations grâce à un équipement spécial. Il continue par ailleurs un travail d’édition d’affiches et de livres commencé avec l’artiste Henning Bohl, en explorant le genre littéraire du Southern Gothic.

Réalisations

New Parched Pictures, Travaux récents, 2014
L’image dans l’image est un motif récurent du travail de Will Benedict. La mise en abyme le conduit à nourrir des structures hybrides à partir de formes et techniques tabulaires : peinture, dessin, photographie et collage. Si cette œuvre suit un principe de superposition des images, elle ne résulte pas en leur fragmentation mais assure au contraire leur étrange homogénéité. L’ensemble contient certaines pièces inédites réalisées en collaboration avec Henning Bohl et Sergei Tcherepnin.

Remerciements particuliers à Cécile Larrigaldie.
Will Benedict est représenté par la galerie Balice Hertling, Paris.

BRUNO BOTELLA

Bruno Botella est né en 1976. Il vit et travaille à Paris. Ses dernières expositions personnelles ont eu lieu au centre d'art contemporain La Salle de bains (Lyon) et à la galerie Samy Abraham (Paris) ; il a également pris part à l'exposition collective humainnonhumain à la Fondation d'entreprise Ricard

L’artiste ne cherche pas à réaliser un travail abouti, sinon à « traverser les états provisoires de la matière », selon ses termes. Les sculptures qu’il nous soumet ne sont en réalité qu’une étape dans le processus de création. 

Projet de résidence

Bruno Botella réside à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, entre février et juin 2014 où il poursuit ses recherches en cours. Sa méthode de travail induit un caractère expérimental: entre les mains de l’artiste, les objets doivent subir un « coup tordu ». Ils doivent toujours être soumis à une nouvelle action, « être mis en tranche, plongés dans l’eau ou jetés dans un caniveau », selon la terminologie de l’artiste.

Réalisation

 Problème pédagogique, Technique mixte, 2014
« Une grosse boîte en bois. Elle ressemble à un sténopé dont on aurait remplacé l’objectif par un jeu de manchons souples et enduits de vaseline ; enfoncez-y vos mains. Cette chambre noire à laquelle vous êtes menottés est un lointain parent d’une thérapie destinée à soigner les membres fantômes. Il y a des trous, un miroir percé, deux chambres pour vos mains, l’une pour le sommeil, l’autre pour le travail. La chambre de sommeil est remplie à ras bord de glaise anesthésiante ; la chambre de travail est vide et se reflète dans le miroir. Il y aussi un trou dans le miroir, un trou de gloire par lequel votre bras endormi projette de la matière toxique de l’autre côté. »

Bruno Botella est représenté par la galerie Samy Abraham, Paris.

DAVIDE CASCIO

L’artiste suisse Davide Cascio vit et travaille à Paris. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues à la Galerie FORMA (Lausanne), au Cabanon (Lausanne) et au Laboratorio Kunsthalle (Lugano).

Il étudie les interférences formelles entre l’histoire de l’art, le design, l’architecture et la mode. Son travail actuel s’inspire de l’art floral japonais de l’Ikebana. Il emprunte également aux références modernistes en multipliant les clins d’œil au Corbusier ou aux papiers collés de Georges Braque et Pablo Picasso, dont il détourne les procédés : ses sculptures sont directement conçues pour du carton découpé, évitant le recours au dessin. Ces assemblages induisent une réflexion surla surface plane : Davide Cascio les considère en effet comme des tableaux aux bords indéterminés, idée qui se concrétise dans l’accrochage mural qui leur est réservé.

Projet de résidence

Au cours de sa résidence, Davide Cascio a réalisé les œuvres produites pour l’exposition « Ikebana » au centre d’art FORMA de Lausanne. Il a également produit une série d’œuvres en collaboration avec l’artiste vénézuélien Jorge Pedro Nuñez, pour un travail de sculpture à quatre mains, profitant au mieux des ressources et du réemploi des matériaux du bâtiment du 9 rue du Plâtre avant sa réhabilitation. 

Réalisation

Ikebana Arrangement, Installation, technique mixte, 2014
A mi-chemin entre le collage et la sculpture, les formes de la série Ikebana, assemblées en contreplaqué, formica, acrylique, moquette et bois tentent d’inverser le procédé de création. Elles s’inspirent des techniques de Braque et Picasso qui réalisaient dans le carton de véritables sculptures en guise d’ébauches pour leur natures mortes ; ainsi que des maîtres japonais de l’Ikebana qui déterminent leurs compositions florales en fonction de leurs vases. Les formes de Davide Cascio sont à la fois des œuvres et leur propre dessin.

ARNAUD ET BERTRAND DEZOTEUX

Arnaud Dezoteux est né en 1987. Il vit et travaille à Paris. Ses dernières expositions ont eu lieu au Museo Lazaro Galdiano (Madrid) en 2014, à la Villa Arson (Nice) et en 2013 à l'Atelier Rouart (Paris) pour lequel il a réalisé un Cartel-Fiction à l'occasion de l'exposition « The Chessroom ». Son frère Bertrand est né en 1982 et travaille entre Bayonne et Paris. Il a exposé à l'Ecomusée de Marquèze (Sabres), au Frac Aquitaine (Bordeaux) et au Palais de Tokyo (Paris).

Les artistes privilégient principalement le médium vidéo mais développent également d’autres pratiques. Aussi, pour le projet « L’Atelier des Testeurs » commencé à la Chalet Society en septembre 2013, ont-ils élaboré une plateforme de travail ouverte à de jeunes créateurs - artistes, graphistes, designers, scientifiques, théoriciens, artisans – permettant de mettre à l’épreuve des intuitions, d’évaluer et de comparer des compétences, de développer des techniques et des méthodes, d’inventer des formes. 

Projet de résidence

Les frères Dezoteux ont été résidents à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, de janvier à juin 2014. Les artistes ont continué à développer certains projets spécifiques à l'Atelier des Testeurs. Parallèlement, ils se sont attelés à de nouvelles réalisations. Pour Cloud Berry, Arnaud et Bertrand se sont inspirés de l'univers des réalisateurs Lana et Andy Wachowsky et de leur dernier film, Cloud Atlas. Ils ont exporté le concept dans la région du Berry, demandant aux habitants d'endosser des rôles multiples, allant des périodes passées aux temps futurs. Des extraits du film ont été présentés lors du Festival International du Film d'Altkirsch en Alsace, du 12 au 14 avril 2014.

Réalisations

Cloud Berry, Vidéo HD, 23 minutes, 2014
Planning de tournage, impression numérique, 118,8x84 cm, 2014
Inspiré du blockbuster Cloud Atlas, réalisé par Andy & Lana Wachowski, Cloud Berry est le casting d’un film de science-fiction hypothétique, qui se déroule de la préhistoire jusqu’au futur. Soixante-dix comédiens amateurs ont été auditionnés, à Bourges, en novembre 2013. La caméra a capté leurs improvisations, leurs aptitudes à créer des personnages sur fond d’incrustation. Le temps de résidence à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, a été employé à la post-production et au montage du film, à la réalisation de tests, et enfin à la création des environnements virtuels venant renforcer les prestations des participants.

Une coproduction Baldanders Films et Bandits-Mages, avec le soutien de la Région Centre.

MIMOSA ECHARD

“Travailler à Lafayette Anticipation m’a permis de développer un projet sur lequel j’avais commencé à travailler en amont de ma résidence. Le projet fonctionne sur la mise en relation de différentes recherches assez nombreuses et diversifiées [...]. Les espaces de Lafayette Anticipation ont contribué de manière importante au projet, y compris dans ses aspects plastiques.”
Née en 1986, Mimosa Echard vit et travaille à Paris. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues au Palais de Tokyo (Paris) et à la Maison des Arts Plastiques et Graphiques Bernard Anthonioz (Nogent-sur-Marne).

Si elle utilise des médiums comme la céramique, l'huile, la sculpture, la photographie, l'installation, la pratique de Mimosa Echard ne revendique ni une technique, ni un savoir-faire, ni seulement un travail. Elle se présente souvent comme une réaction intuitive à l'espace, l'image, la matière naturelle, brute, ou à des objets de rebut, dont les assemblages dévoilent des percées. 

Projet de résidence

Mimosa Echard a été résidente à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, entre février et juin 2014. De retour d’une résidence en Thaïlande, elle travaille dans les espaces de Lafayette Anticipation autour du Yi Jing, livre ancestral chinois auquel G.W. Leibniz s’est intéressé. Reprenant l’aspect systématique de cet ouvrage structuré en hexagrammes, elle élabore un travail dans lequel les notions d’analogie et de progression sont prépondérantes.

Réalisation

Antiprisme (Karl), laiton, acier et acier galvanisé, 2014
L’œuvre de Mimosa Echard, réalisée en collaboration avec Patrick Vindimian, s’inspire de ses recherches sur les structures de tenségrité, découvertes par Karl Ioganson. Cette sculpture a priori inerte repose sur des forces mécaniques. Trois éléments (laiton, acier et acier galvanisé) puisés 9 rue du Plâtre sont mis en tension pour former une figure dans un continuum d’énergie. L’œuvre fait sienne les qualités de la sculpture traditionnelle définies par la masse, et celles du mobile.

Ensemble, technique mixte, 2014
Mimosa Echard propose un ensemble de pièces qui ont toutes à voir avec une certaine idée de la construction, de la tension et de la transformation. A l’instar du bâtiment de Lafayette Anticipation dans lequel l’artiste a travaillé durant cinq mois, ces œuvres évoquent le télescopage de formes et de lieux différents : une toile de tente saisie entre deux états, une écorce ramenée de Thaïlande projetée dans un dessin astronomique, autant de points de contacts entre les motifs.

Arena, acrylique, 2014
Pour la série Arena, élaborée à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, Mimosa Echard superpose des couches d’acrylique irisées sur des tirages argentiques. Ce procédé, mis au point par hasard au cours de ses travaux de recouvrements, permet aux pigments de la photographie de réagir chimiquement avec l’acrylique et de se révéler dans la matière peinture.

Mimosa Echard est représentée par la galerie Samy Abraham, Paris.

ASSI JOSEPH MEIDAN

Assi Joseph Meidandont le travail a été exposé à la galerie YOU-ADS (Paris) puise ses influences tant dans l’histoire de l’art moderne que dans les sciences humaines— particulièrement la psychologie. Ses dernières recherches sont liées à la mémoire.

Projet de résidence

Joseph a développé un travail officieusement intitulé « Cercle de mémoire », s’inspirant ainsi de l’esprit du bâtiment du 9 rue du Plâtre. Dans ce contexte, il a réalisé des pièces qui, prises dans leur globalité, constitueraient selon lui une sorte de « mémorial » : une part de son projet à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, a en effet consisté à « intervenir sur l’archéologie du bâtiment » en réemployant les matériaux trouvés sur place, dans son atelier du sous-sol. Il s’est attelé d’autre part à la création d’une « nouvelle mémoire » en travaillant sur la perception d’une image lumineuse projetée quelques secondes dans une pièce obscure.

Réalisations

Devenir gris, Devenir gris, 2014
Her to her, there to there, 2014
Oh no, don’t worry, 2014
Montrent de la peur lorsqu’il se tourne pour se cacher, 2014
Assi Joseph Meidan aime à dire que le travail qu’il a produit à Lafayette Anticipation résulte d’un dialogue entre le format du monument et celui du salon. Au cours des cinq mois passés en résidence, l’artiste a développé une certaine sensibilité à l’état des choses telles qu’il les a trouvées et à leur probable disparition. Ces travaux sont une tentative de sauvegarde matérielle et mentale de toutes les formes rencontrées. La lumière, le marbre, la poussière et le métal assemblés décrivent sa sensation du temps et la persistance des formes évanouies.

SCOTT MYLES

Scott Myles est né en 1975 à Dundee. Il vit et travaille à Glasgow. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues à la galerie David Kordansky (Los Angeles), au Dundee Contemporary Arts (Dundee) et à la galerie Meyer Riegger (Berlin).

L'artiste travaille à partir du vocabulaire formel du mobilier urbain, de la signalétique, ou du display, auquel il opère une transformation, un décalage ou un recouvrement, tout en préservant les détails qui relient les objets à une réalité vécue (graphs, marques, rayures, bulles, etc.). 

Projet de résidence

Scott Myles a résidé à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, en février et en mars. Il a effectué des recherches pour deux projets distincts. Son intérêt pour Guy Debord  l’a mené à constituer une documentation autour de cet intellectuel français. D’autre part, il élabore des recherches autour de l’avènement de l’ère industrielle et plus particulièrement sur les dissidences marginales qui l’ont accompagné. Dans ce cadre, il s’intéresse à la révolte des luddites, qui s’est déroulée en Angleterre au début du XIXème siècle.

Réalisation

Potlatch, Douze feuilles de papier bible (édition illimitée), 75 x 50 cm, présentées au Lafayette Maison. 
La stratification des idées et des matériaux est inhérente à la pratique de Scott Myles. Avec Potlatch (œuvre dont le nom est emprunté à la revue de Guy Debord), l’artiste initie une intervention subtile impliquant l’emballage et le confinement d’objets dans une situation de commerce. Potlatch propose de remplacer temporairement le papier de soie blanc utilisé au Lafayette Maison, par douze affiches de la maison de Guy Debord à Champot, dans la campagne française. Chaque affiche, imprimée sur papier bible, sert donc de papier d’emballage. La participation du public au projet est activée de manière fortuite, dès qu’un achat est effectué.

Scott Myles est représenté par la galerie Modern Institute, Glasgow.

JORGE PEDRO NUÑEZ

Jorge Pedro Nuñez est né en 1976 à Caracas (Venezuela). Il vit et travaille à Paris. Une exposition personnelle lui est actuellement consacrée à la galerie Crèvecœur à Paris, intitulée Entre Machine et moi Machin, jusqu'au 26 octobre 2014. Il a aussi participé à l'exposition collective Spatial Acts à la Americas Society Visual Arts de New York

Projet de résidence

Jorge Pedro Nuñez a été invité par Davide Cascio à collaborer pour le projet Catiti Catiti Imara Notia Notia Imara Ipeju, pour lequel ils ont prélevé des éléments de la vie passée du 9 rue du Plâtre afin de leur offrir une seconde vie.

Réalisations

Catiti Catiti Imara Notia Notia Imara Ipeju, Installation, technique mixte, 2014
La collaboration entre Davide Cascio et Jorge Pedro Nuñez repose sur le métissage sculptural. L’un s’inspire de Carlos Raul Villanueva, architecte moderniste vénézuélien, et l’autre de Max Bill, artiste concret et designer suisse. De leur rencontre est née une recherche sur la tropicalisation, technique qui permet aux objets de fonctionner dans de sévères conditions climatiques. Leur matière première est constituée de formes finies issues de productions industrielles, récoltées 9 rue du Plâtre – où logeaient avant Lafayette Anticipation une école et des bureaux. Ces chaises, néons, tables et tableaux ont déjà subi par l’usage quotidien une première transformation.

Jorge Pedro Nuñez est représenté par la galerie Crèvecœur, Paris.

ELODIE SEGUIN

“Parfois ce qui apparaît avant la fin de la réalisation est suffisamment éloquent, aussi mes recherches sont souvent arrêtées avant leur achèvement pour ce que leur incomplétude dit.”

Elodie Seguin est née en 1984, elle vit et travaille à Paris. Une partie des œuvres réalisées à Lafayette Anticipation, Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, a été montrée lors de Frieze New York 2014, avec la galerie Jocelyn Wolff. En 2012, elle a participé à Art Basel et a bénéficié d'une exposition personnelle à la galerie Hillary Crisp (Londres).

Elle revendique des influences variées telles que Barnett Newman ou Jason Dodge, ou encore Paul Cézanne et Gustave Courbet. Son langage artistique nécessite une approche pragmatique : si l’environnement et le contexte dans lesquels elle crée ses œuvres jouent un rôle primordial, c’est également l’interdépendance de chaque pièce entre elles qui permet au travail d’Elodie Seguin de faire système. Les limites physiques d’une œuvre n’ont pas d’importance pour cette artiste qui intègre les spécificités des lieux de production et d’exposition aux pièces qu’elle réalise. 

Projet de résidence

L'artiste a été résidente à Lafayette Anticipation, Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, entre janvier et juin 2014 où elle a poursuivi ses recherches. Elle travaille par rencontre, avec le hasard, en accordant une place importante à « l’expérience du voir  », selon ses propres termes. Ses attendus ne sont pas programmables puisqu’ils reposent sur des intuitions d’espaces, de surfaces, de couleurs et de formes. Dans son travail en perpétuel inachèvement, Elodie Seguin invite à entrapercevoir par le détail la poétique cachée des surfaces.

Réalisations

Deux piècesInstallation in situ, Technique mixte, 2014
Cette installation in situ témoigne de l’expérience d’Elodie Seguin dans l’atelier au cours des six derniers mois. Par l’apposition de vitres sur un des murs, l’artiste crée une symétrie soulignant la longueur de la pièce. Le bâtiment d’en face s’y reflète au point de se trouver presque calqué entre les murs de l’atelier. Cette esthétique déplace le vocabulaire de la vitre et du mur préfabriqué qui imprègne le deuxième étage de Lafayette Anticipation, au-delà des surfaces.

Bas relief, limite de la peinture : la peinture, sans limiteInstallation in situ, technique mixte, 2014
Bas-relief dont la couleur varie dans l’étendue de la lumière. L’élément sculptural, comme inachevé, s’ouvre tout à fait pour englober l’espace de l’atelier et ne faire qu’un avec lui.

Elodie Seguin est représentée par la galerie Jocelyn Wolff, Paris.

GABRIEL SIERRA

Gabriel Sierra est né en 1975 en Colombie, il vit et travaille actuellement à Bogotá. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues à la Kurimanzutto Gallery (Mexico), à la galerie Peep-hole (Milan) et à la galerie Casas Riegner (Bogotá).

Designer industriel de formation, Gabriel Sierra a rapidement orienté sa pratique vers le domaine artistique. Son travail, nourri de références pointues à l'histoire de l'art et du design et à la fois ancré dans la tradition populaire, interroge la société et ses pratiques culturelles. L'artiste travaille également à partir d’espaces physiques. Ses interventions permettent souvent la remise en question dela relation d’ordinaire si évidente entre le spectateur et le lieu physique. 

Projet de résidence

L'artiste a passé une semaine en résidence à Lafayette Anticipation, Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, au mois de décembre 2013. Travaillant autour du réemploi des matériaux, Gabriel Sierraa également installé des vitres spécialement conçues en verre recyclé de bouteilles de Perrier. Celles-ci ont été disposées au rez-de-chaussée et au premier étage de Lafayette Anticipation.

Réalisations

Untitled (Bottle Window Corridor), 2013-2014
Untitled (The Black Step), 2013-2014
Les œuvres de Gabriel Sierra éprouvent l’idée que les formes et matières constituent un langage architectural et peuvent à ce titre être considérées comme des systèmes de transmission de valeurs. L’artiste intervient directement dans le vocabulaire spatial de Lafayette Anticipation, Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, en remplaçant certaines fenêtres et lucarnes par des plaques de verre fondues à partir de bouteilles de Perrier, qui altèrent non seulement la lumière mais encore l’atmosphère des pièces dans lesquelles elles se trouvent. À leur tour les marches d’un escalier qui relie deux niveaux sont modifiées. Leur surface est changée pour que leur franchissement constitue une nouvelle expérience.

Gabriel Sierra est représenté par la galerie Kurimanzutto, Mexico.

VALERIE SNOBECK

Valerie Snobeck est née en 1980 à Wadena, aux Etats-Unis. Elle vit et travaille à New York. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues à la galerie Simon Lee (Londres) et à la galerie Catherine Bastide (Bruxelles).

Son travail fournit une grille de lecture permettant d’appréhender les impacts et les dépendances d’une série de préoccupations politiques, économiques et esthétiques. Se faisant l’écho des périodes de récessions et de crises pétrolières, les images et matières qui composent l’univers de l’artiste fonctionnent par strates : plastique, goudron, toile de jute et jean se mêlent à des verreries datant de la Grande Dépression, à des instruments permettant la réparation d’un mouvement de montre, à des impressions jet d’encre du XXIème siècle ou encore, à des cartons d’emballage. L’artiste travaille également autour d’images photographiques, à partir desquelles elle procède à une lente et précise disparition du sujet, qui devient surface. 

Projet de résidences

Valerie Snobeck a résidé à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, pendant le mois d'avril 2014. Elle a réalisé un film autour de la réparation du mouvement d’une montre ancienne de marque Shell. Cette vidéo s’inscrit dans la continuité de ses précédents travaux portant sur cette compagnie pétrolière. Le film a été tourné le vendredi 25 avril à la Fondation.

Réalisations

Go Soft, Vidéo, 1h38, 2014
Valerie Snobeck se fait l’écho des périodes de récessions et de crises pétrolières. Go Soft documente la réparation minutieuse d’une montre dite squelette éditée par Shell en 1940, dont les rouages devaient être lubrifiés à des fins publicitaires avec de l’huile pour moteur.

Performance : Anthony Castellano
Photographie : Thomas Ozoux
Son : Christopher Guyot
Producteur exécutif : Vincent Cuneo

Remerciements particuliers à Doris Seitz, Estelle Vidal, Éric Faye, maison Royal Quartz.
Valerie Snobeck est représentée par les galeries Catherine Bastide, Bruxelles, et Simon Lee, Londres.

CALLY SPOONER

Cally Spooner est née en 1983 à Ascot. Elle vit et travaille à Londres. Dernièrement, elle a présenté son travail au KW Institute (Berlin), au Drawing Centre (New York) et à la Tate Britain (Londres). Le 27 février 2014, en direct de la Tate Modern de Londres, Cally Spooner a présenté pour le programme « BMW Tate Live : performance room », une adaptation de And You Were Wonderful, On Stage. Cette performance pour un chœur a cappella explore les injonctions de la parole publique contemporaine et les mensonges politiques révélés par les médias, sous des formes qui empruntent au musical ou au ballet hollywoodien. 

Projet de résidence

L'artiste a résidé à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, en janvier et février 2014. Après plusieurs représentations (Stedelijk Museum d'AmsterdamPerforma 13 à New York,Tate Britain), Cally Spooner, accompagnée du chorégraphe Adam Hewlett-Weinert, a installé à Lafayette Anticipation un studio de tournage éphémère pour les éléments filmés de cette performance réalisée à la Tate Modern le 27 février 2014.

Réalisations

He’s in a Great Place! (A film trailer for And You Were Wonderful, On Stage)
Vidéo, 2014

L’artiste présente une adaptation de And You Were Wonderful, On Stage, une performance diffusée en direct le 27 février 2014, depuis la Tate Modern de Londres dans le cadre du programme BMW Live. Cette performance pour un chœur a cappella, dont la chorégraphie a été conçue et filmée à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, explore les injonctions de la parole publique contemporaine et les mensonges politiques mis à jour par les médias, sous des formes qui empruntent au musical ou au ballet hollywoodien.

Cally Spooner est réprésentée par la galerie MOTINTERNATIONAL.

ERIC VAN DE WALLE

Eric Van de Walle est designer de formation. Il a participé à la dernière édition de Art Paris Art Fair. Il travaille à l’élaboration d’une collection ainsi qu’à des commandes pour des particuliers ou en collaboration avec des architectes et décorateurs. Attaché au processus créatif qui rend indissociables le dessin et la fabrication même de l’objet, il réalise des pièces, produites en petite série.

Projet de résidence

Eric Van de Walle est en résidence à Lafayette Anticipation – Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, entre janvier et juin 2014. Il réalise ici un travail de recherches plastiques. Les rencontres qu’il fait à Lafayette Anticipation lui permettent de faire évoluer sa démarche. S’éloignant du design pour aller vers un travail davantage artistique, Eric Van de Walle recherche une nouvelle « palette de matériaux » selon ses termes, afin de réaliser des installations à partir d’éléments et de procédés variés. 

Réalisations

Les filles se marient dans les rideaux
Au confluent de l’abstraction minimale et des arts décoratifs, les meubles d’Eric Van de Walle se défont des évidences. Ils ne sont pas toujours identifiables, mais répondent encore à des critères d’usage et de fonction, à une forme de commodité élémentaire.

Le déguisement, technique mixte, 2014
Ce qui nous ressemble, photographies et verre, 2014, (ensemble extrait d’Un trajet, captation d’un voyage en train de Florence Vax)
Le soldat Noguchi, aggloméré hydrofuge 2013
Agglomérat, Aggloméré hydrofuge, 2014
Column, cartons pizza, marbre de carrare, 2014
Plate-forme, linoleum, 2014
Charlotte sometimes, acier, tiroir en plastique, photographies, 2014


PROGRAMME

Jeudi 3 juillet - Dimanche 6 juillet 2014

Du jeudi 3 juillet au samedi 5 juillet de 13h00 à 21h00.
Dimanche 6 juillet de 13h00 à 17h00.

Expositions

Rez-de-chaussée : OMA/AMO et Pierre Giner.
Etages : Xavier Antin, Will Benedict, Bruno Botella, Arnaud et Bertrand Dezoteux, Davide Cascio, Mimosa Echard, Joseph Meidan, Scott Myles, Jorge Pedro Nuñez, Megan Rooney, Elodie Seguin, Gabriel Sierra, Valerie Snobeck, Cally Spooner et Eric Van de Walle.

Projection

New Pompidou, un film de Simon Fujiwara (2014).
Du 3 au 5 juillet à 13h30, 15h30, 17h30 et 19h30.
Dimanche 6 juillet à 13h30 et 15h30.

Performances

Zhana Ivanova, Borrowed Splendour, le jeudi 3 juillet et le vendredi 4 juillet à 20h00.
Meris Angioletti, Eaux claires et Montagnes violettes, le samedi 5 juillet à 17h00.


Lafayette Anticipation  Fondation d'entreprise Galeries Lafayette, a reçu une quinzaine d’artistes en résidence entre janvier et juillet 2014. Libres de réemployer les matériaux résiduels du bâtiment, tous ont contribué avant le début du chantier à la métamorphose du 9 rue du Plâtre.